Jonas, 45 ans, est forcément consensuel… Il est seul !
Il se noie dans la masse depuis quelques 13 ans. C’est devenu son refuge. Contre vents et marées, il résiste à une dépression nerveuse, un licenciement, des errances philosophiques et spirituelles, la vacuité de son existence…
A priori, rien d’exceptionnel. Dans la Société actuelle, de consommation et du spectacle, de la dictature de l’image et des apparences, de l’humain objet ou produit, de la réalité virtuelle et de l’intelligence artificielle (ou le contraire), des illusions d’instantanéité et de gratuité, de la méga richesse et de l’ultra pauvreté, de l’individualisme et de la perte des valeurs, de la compétition impitoyable et de la défiance, des affrontements permanents et sans répits, des obscurantismes tantôt matérialistes scientifiques, tantôt religieux, de cette manie du « toujours plus », qui ne peut même plus se référer à une Nature malade… son exclusion, son isolement seraient presque volontaires. Il n’a trouvé que des psys pour tenter d’exprimer ses préoccupations, et ne se satisfait pas de leurs réponses.
Au départ, il était loin d’être inadapté. Il faut dire aussi que son histoire n’est pas commune.
Dès les années 80, Jonas surfe sur la vague audiovisuelle française. De radios associatives en télévisions privées, il devient l’expert technique de la modernisation, d’une ultra-modernité, de cette liberté nouvelle. Invisiblement, il révolutionnera pourtant entre autres les « grands messes » de TF1.
A l’abri des micros et des caméras, des noms au générique, il s’est imprégné de contenus et de programmes relativement creux, de rencontres parfois riches, des coulisses de la petite histoire.
12 ou 13 ans plus tard, au cœur du cinquième pouvoir, l’esprit toujours ouvert, il est prêt pour la vague numérique et Internet, autant si ce n’est plus que tous ces ingénieurs, ces « hommes pressés »(1), qui prophétisent et professent la « Société de l’Information ».
Comment témoigner, même si c’est dangereux ?
Toutes les contradictions, le processus intellectuel de notre époque étaient résumés en ce lieu 12 ou 13 ans trop tôt.
Parce qu’un média est ainsi fait, qu’il faille y maintenir une apparence de vie, qu’il en a démystifié la mécanique et la dynamique, Jonas y fera son ultime révolution.
Parce qu’un phénomène ou une aventure ont un début… et une fin, c’est ce qui pourrait en faire La grande Histoire.
« Nul n’est prophète en son pays », particulièrement dans cette grande entreprise, si ce n’est en France. Il l’apprendra à ses dépends, mais l’assumera jusqu’à aujourd’hui.
Jonas est un de ses prénoms hébreu.
Jonas est un curieux petit prophète de la Bible : Il ne fait pas de prophéties. Il reçoit une injonction de D.ieu et la refuse. Après moult péripéties, il s’y résout, réussit et se demande enfin : « Tout ça pour ça ?! ».
« Yonah » en hébreux signifie « colombe », l’oiseau messager biblique de la Paix.
C’est aussi le nom de code d’un des tout derniers microprocesseurs, conçu en Israël, le premier avec deux cœurs (deux cerveaux) et mobile.
Le livre de Jonas est celui qui est lu dans les synagogues le jour du « Yom Kippour, le Grand Pardon ».